Cette conférence de l’Association Européenne des Instituts de Recherche et de Formation au Développement (EADI) abordait le thème « Défis mondiaux, solutions (G)locales », une préoccupation majeure de Mundus maris. Organisée par l’Université d’Anvers et l’Institut de la politique du développement (IOB) en Belgique, la conférence a réuni plusieurs centaines de chercheurs et de professionnels venus du monde entier, dont de nombreux étudiants issus de ce que l’on appelle souvent le « Sud global ». Tous cherchaient à déterminer la manière la plus efficace de faire face au changement climatique, à la surexploitation des ressources, au bellicisme, aux crises des réfugiés et aux nombreuses injustices qui divisent les peuples, alors que c’est la coopération qui offre le plus grand espoir de solutions.

Cornelia E Nauen de Mundus maris a présenté ses réflexions sur la pêche artisanale, qu’elle considère comme un secteur d’avenir en Afrique de l’Ouest. Cette présentation a été rédigée en collaboration avec Stella Williams et Ayojesutomi Abiodun-Solanke, du Nigeria. Elle s’appuyait sur les travaux menés par Mundus maris dans la région et était étayée par une analyse documentaire.

Le message clef est que l’Académie de la pêche artisanale durable (PAD), grâce à ses méthodes inclusives d’apprentissage par la pratique, peut faire évoluer les mentalités et renforcer la confiance en soi, indépendamment du niveau d’éducation formelle ou du statut social. L’espace offert par l’Académie pour un dialogue sûr, respectueux et multipartite s’appuie largement sur la facilitation visuelle et la communication pour le changement social et comportemental (SBCC). Cette approche a démontré sa capacité à renforcer l’autonomie des hommes et des femmes exerçant différents métiers au sein de la chaîne de valeur.

L’Académie PAD est d’autant plus indispensable que la surpêche, mal gérée et tolérant la pêche destinée à la production de farine de poisson destinée à l’alimentation animale pour l’exportation, plutôt qu’à la consommation humaine, ne font qu’aggraver la crise. Ces pratiques comptent parmi les principaux facteurs à l’origine de crises environnementales et sociales étroitement liées, et qui nécessitent des mesures correctives urgentes. De nombreuses années de pratiques de gestion descendantes ont démontré leur inefficacité. Il est donc indispensable de travailler avec les hommes et les femmes directement concernés et qui connaissent bien les réalités locales. C’est également la voie la plus prometteuse pour la régénération des ressources et des moyens de subsistance dans les zones côtières, car leur prise en compte et leur participation active favorisent le respect volontaire des règles.

Cette intervention a suscité un vif intérêt. C’était un heureux concours de circonstances que l’Académie PAD au Ghana aie connu un démarrage remarquable, ce qui a permis de rendre compte d’un exemple récent dans le cadre de la discussion. Voici le lien pour les visionner.

Cornelia a pris la parole lors d’une session dite « de synthèse », intitulée « Le rôle de la recherche participative dans l’articulation des enjeux locaux et mondiaux : promouvoir et intégrer la diversité des points de vue pour un avenir durable ». Cette session a abordé un large éventail de sujets, allant des actions de terrain contre la pollution plastique à l’éducation inclusive et participative au Royaume-Uni et en Afrique australe. Les intervenants ont saisi cette occasion pour approfondir les échanges.

Cette importante conférence, qui proposait des présentations, des tables rondes et des conférences d’ouverture abordant un large éventail de défis contemporains sur la voie d’une gestion plus durable de la Planète Bleue, comportait un grand nombre de sessions parallèles, ce qui a contraint les participants, qu’ils soient sur place ou en ligne, à faire des choix difficiles. Cela valait vraiment la peine d’y participer et d’en repartir avec de nouvelles sources d’inspiration. Le site web de la conférence est accessible ici.

Académie de la pêche artisanale