Une pionnière dans l’éducation environnementale en direction des élèves du primaire en dépit des maigres moyens dont elle dispose

L’éducation environnementale, notamment celle portant sur les écosystèmes et l’environnement marins, doit trouver toute sa place dans le curriculum des écoles, eu égard aux multiples agressions subies par le milieu marin dans son ensemble. Ceci est d’autant plus justifié et nécessaire pour les jeunes écoliers issus des communautés littorales pour quelques raisons majeures.

Premièrement, ces communautés dépendent des écosystèmes marins économiquement aussi bien comme base de nourriture et source de revenus. Mais elles ont aussi une culture spécifique que nous pouvons qualifier de « marine ». Cela se voit dans une des écoles faisant partie intégrante des communautés de pêcheurs.

Deuxièmement, comme corolaire, ces deux rôles – à dimension économique et culturel – ne pourraient être assurés dans le long terme sans une prise de conscience collective de la part des jeunes sur l’impératif à combiner bonne gestion et conservation des ressources(pour certaines espèces menacées) que procurent nos écosystèmes. Les jeunes constituent plus de la moitié de la population sénégalaise.

Ce n’est que de manière très récente que les pouvoirs publics sénégalais ont commencé de façon effective sur le terrain à juger l’importance à intégrer l’éducation environnementale dans les programmes scolaires dans le cadre d’un projet régional.

En effet, c’est surtout depuis environs trois ans, en collaboration avec l’UICN, que le Programme régional d'éducation à l'environnement (PREE) est mis en œuvre. Ayant d'abord jeté les bases du cadre institutionnel pour cette évolution du curriculum, nous pouvons dire qu’il est encore au stade de démarrage en termes de réalisations dans les écoles.

C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier les initiatives innovantes restées peu connues du public local et de la communauté internationale, qui sont en cours depuis environs 10 ans au sein d’une petite école primaire du village de pêcheurs de Hann appelée « Ecole Khadim ».

C’est sous l’impulsion de son fondateur et directeur, Mr Magueth DIOP, que cette école, en dépit de ses maigres moyens développe des programmes axés sur l’éducation environnementale à travers des excursions, la réalisation de sketch, la production de cartes murales.

En plus des programmes spécifiques aux écosystèmes et à l’environnement marin, l’école Khadim développe un programme de sensibilisation de ses jeunes élèves sur les liens entre la terre et la mer.

C’est ce qui explique les quelques excursions qu’elle organise périodiquement dans le parc zoologique et forestier de Hann. C'est le seul poumon vert restant pour la ville de Dakar, qui a perdu ses espaces verts au profit du développement de l’immobilier.

 

 

L'école participe aussi activement dans les actions pilotes dans le cadre du projet FAO – EAF Nansen pour tester des outils pédagogiques censés d'appuyer l'introduction des concepts écologiques, comme les écosystèmes marin et la pêche durable, dans le curriculum, donnant ainsi un point de chute concret aussi aux efforts du PREE. Des efforts antérieurs de l'école en termes de nettoyage de la plage et attirant l'attention sur la pollution et des conditions insalubres, qui en résultent dans la baie de Hann, sont illustrés dans l'article sur le projet FAO - EAF Nansen.

Photos par Ibrahima Seck